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Bobo-Dioulasso : Une nouvelle ère pour la salubrité urbaine avec l’abonnement obligatoire à l’enlèvement des ordures ménagères Par notre rédaction locale

Publié le par FASO PATRIOTES TV

La ville de Bobo-Dioulasso, deuxième agglomération du Burkina Faso et cœur économique de l’Ouest, amorce un tournant décisif dans sa politique d’assainissement urbain. En réponse aux défis persistants liés à la gestion des déchets ménagers et assimilés, la délégation spéciale communale, dirigée par Laurent K. Kontogom, a adopté ce mardi 29 juillet 2025, une délibération historique rendant obligatoire l’abonnement de tous les ménages et pollueurs aux services agréés de collecte des ordures.

La délégation spéciale communale, dirigée par Laurent K. Kontogom
La délégation spéciale communale, dirigée par Laurent K. Kontogom

Cette décision, prise lors de la première session extraordinaire du conseil communal, marque un pas important vers la mise en place d’une police de l’assainissement structurée, rigoureuse et participative, dans une ville en pleine mutation démographique et urbaine.

Vers une gestion plus efficace et équitable des déchets

Le texte de la délibération, adopté à l’unanimité par les membres présents, prévoit que tout ménage, commerce, entreprise, administration ou institution publique opérant sur le territoire de la commune devra souscrire à un abonnement auprès des précollecteurs agréés, c’est-à-dire les structures autorisées à assurer l’enlèvement régulier des déchets ménagers.

Chaque opérateur de collecte sera, en contrepartie, tenu de respecter une fréquence minimale d’intervention hebdomadaire, selon un cahier des charges à établir par les services techniques de la mairie, en lien avec les acteurs de terrain.

Cette décision répond à un impératif de justice environnementale : jusque-là, une grande partie des ménages échappait à toute contribution formelle au système d’assainissement, créant une surcharge de travail pour les opérateurs, une détérioration de la salubrité publique, et un sentiment d’injustice chez les citoyens respectueux des règles.

Une mesure d’équilibre, pas une taxe punitive

Contrairement aux craintes parfois véhiculées par une partie de l’opinion, il ne s’agit nullement d’une mesure à visée fiscale, mais bien d’un outil de responsabilisation collective, ont tenu à rassurer les autorités locales. La redevance liée à cet abonnement sera modulée selon la taille du ménage ou de l’activité, et devra être approuvée par l’autorité de tutelle, notamment en ce qui concerne sa légalité, sa proportionnalité et sa capacité à être mise en œuvre sans discrimination.

« Cette décision vient répondre à un besoin urgent et profond. Nous ne pouvons plus continuer à gérer notre ville avec des outils du passé. Il nous faut des règles claires, appliquées à tous, pour que chacun participe à la propreté et à la dignité de notre espace commun », a déclaré Laurent K. Kontogom, président de la délégation spéciale, à l’issue de la session.

Une police de l’assainissement en gestation

La délibération prévoit également la création d’un corps de contrôle dédié à l’assainissement, chargé de veiller au respect de l’obligation d’abonnement, de constater les infractions (abandons d’ordures, dépôts sauvages, défaut d’enlèvement, etc.) et de proposer des sanctions pédagogiques ou coercitives.

Ce dispositif viendra renforcer l’existant, notamment les équipes de la brigade municipale et les services techniques communaux, qui agissent déjà dans le cadre de l’initiative "Bobo Sanya Sira" (Bobo, ville propre), lancée en 2023 pour impulser une dynamique de transformation urbaine durable.

« Cette mesure vient en complément de nos efforts de ces deux dernières années. Il ne s’agit pas seulement de sanctionner, mais surtout d’éduquer, d’organiser et de pérenniser les bonnes pratiques », a insisté M. Kontogom.

Bobo-Dioulasso : entre modernisation et citoyenneté active

Dans une ville en pleine croissance, confrontée aux défis du changement climatique, de l’exode rural, et de la pression démographique, la gestion des déchets devient un indicateur clé du niveau de gouvernance urbaine. La réforme engagée par la mairie vise à moderniser les circuits de collecte, professionnaliser les prestataires, responsabiliser les citoyens et améliorer le cadre de vie.

L’enjeu n’est pas simplement technique ou esthétique. Il est social, économique, et même sécuritaire, car une ville mal entretenue est plus vulnérable aux maladies, aux conflits de voisinage, et à la perte d’attractivité pour les investisseurs et les partenaires au développement.

Des défis à relever, un cap à maintenir

Bien entendu, la mise en œuvre de cette nouvelle politique ne sera pas sans obstacles. Il faudra :

  • - Identifier et enregistrer tous les ménages et producteurs de déchets,
  • - Former et encadrer les collecteurs,
  • - Assurer une communication de proximité, dans toutes les langues locales,
  • - Prévoir des mécanismes de recours et de médiation,
  • - Lutter contre les collectes informelles et les décharges sauvages,
  • - Et surtout, impliquer les populations dès les premières étapes, pour éviter tout rejet ou malentendu.

La mairie de Bobo-Dioulasso entend, selon ses responsables, conduire cette réforme avec méthode, pédagogie et transparence, en associant les quartiers, les associations, les syndicats et les partenaires techniques.

Un modèle à suivre pour d’autres villes ?

Si l’expérience bobolaise réussit, elle pourrait servir de modèle reproductible pour d’autres villes du pays, voire de la sous-région. Car au-delà des spécificités locales, la problématique de l’assainissement urbain touche toutes les agglomérations d’Afrique de l’Ouest, souvent piégées entre croissance démographique et services publics insuffisants.

Le choix de la co-responsabilité financière et civique, à travers l’abonnement obligatoire à un service structuré, constitue une alternative sérieuse au laisser-aller actuel. Il traduit une volonté politique de rompre avec l’exception permanente, et d’inscrire le Burkina dans une ère nouvelle de gouvernance environnementale assumée.

Conclusion :

Ce mardi 29 juillet 2025, la ville de Bobo-Dioulasso a fait un choix courageux et structurant : celui de croire en la capacité des citoyens à participer, non par contrainte, mais par conviction, à l’édification d’une ville propre, moderne et juste. Ce choix mérite d’être salué, accompagné, et surtout, transformé en réussite collective.

Saidicus Leberger
Pour Faso Patriotes TV

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