Mort d’Alino Faso : la rue burkinabè réclame justice
Ouagadougou, 30 juillet 2025 – Des cris, des larmes, des pancartes brandies sous un soleil de plomb : Ouagadougou a grondé ce mardi. Des milliers de Burkinabè ont marché en silence, puis en colère, pour demander la vérité sur la mort d’Alain Christophe Traoré, alias Alino Faso, retrouvé pendu dans sa cellule en Côte d’Ivoire, après plus de six mois de détention sans procès.
Interpellé à Abidjan le 10 janvier, ce fervent soutien du capitaine Ibrahim Traoré était accusé d’« intelligence avec des agents d’un État étranger ». Le 24 juillet, son corps est découvert à l’École de Gendarmerie, drap noué au cou, poignets entaillés. Suicide ? Pas pour le Burkina, qui dénonce un « assassinat crapuleux ».
La rue, elle, ne veut plus de version officielle. Devant le mémorial Thomas Sankara, point de départ de la mobilisation, les manifestants – jeunes, vieux, familles entières – ont scandé : « Justice pour Alino ! Vérité maintenant ! ». Drapeaux burkinabè en main, ils ont convergé vers l’ambassade de Côte d’Ivoire, encadrés par un léger dispositif sécuritaire.
La Coordination nationale des associations de veille citoyenne (CNAVC), à l’origine de l’appel, accuse : « Ce drame n’est pas un fait divers. Il touche notre dignité nationale. Il exige des réponses. »
Les tensions entre Abidjan et Ouagadougou, déjà vives depuis la transition militaire au Burkina, pourraient s’enflammer davantage. Et dans les rues de Ouaga, un nom claque désormais comme un mot d’ordre : Alino ne sera pas oublié.
Saidicus Leberger
Pour Faso Patriotes TV
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